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Dans ce nouvel environnement, je découvrais aussi un collège tout neuf, avec de belles salles de cours, un gymnase.

Un collège dit « Pailleron », comme on les construisait à l’époque. Le mien n’a pas brûlé, mais l’incendie qui défraya la chronique des années plus tard, signa sa destruction programmée.

Pour le moment, c’était grandiose.

Tout baignait dans le vert des arbres, l’éclat métallique du bâtiment, la blancheur des salles de classe baignées de lumière et le ciel bleu qui s’étendait sans limites, une cour immense qui accueillait des centaines d’élèves.

Des professeurs pour des tas de matières improbables : la musique, la technologie, les sciences naturelles, les langues étrangères et le sport.

Un carnet de notes où toute ma vie collégienne était retranscrite sans plus aucun secret pour les parents, des sanctions progressives dont « l’avertissement » était déjà une montée sur l’échafaud des représailles parentales.

Et une constante réconfortante. Toujours un corbeau noir aux aguets. Il s’abattait sur les plus indisciplinés pour les retenir après les cours ou les traduire devant le directeur pour un procès sans appel et double peine garantie quand les parents étaient convoqués.

Il n’y avait plus de règles en fer. Les sanctions étaient bien plus compromettantes, voire infamantes. Une colle, une observation, un avertissement arrivaient toujours sur un carnet de notes quand une règle ne sortait jamais de la classe.

La vindicte parentale pouvait alors doubler la sanction.

J’en ai fait les frais. Le corbeau noir ne saura jamais comment et combien son attitude changea profondément ma vie et celle de quelqu’un de proche.

 

Le collège, c’était aussi la découverte de la mixité. J’étais confronté à ces êtres étranges qui ne jouaient pas au ballon, ne faisaient pas de vélo, riaient pour un oui ou pour un non et dévisageaient les garçons en chuchotant entre elles avant de leur tourner le dos dès qu’ils s’approchaient.

Cette alternance entre ange et démon qui habitait certaines d’entre elles me semblait parfaitement incompréhensible et rendait très aléatoire les rapports entre nous, à cet âge où les garçons sont encore de « petits » garçons. Elles étaient déjà de « petites femmes » que l’époque poussait doucement vers une flagrante émancipation vis-à-vis des codes classiques.

Cependant, il fallait bien le reconnaître, elles étaient meilleures que nous, garçons, en classe.

 

A suivre...

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