En 1968, ce n’est pas finalement la suspension des cours au mois de mai qui me marqua le plus, mais les Jeux Olympiques de Mexico.
Je les voyais pour la première fois à la télévision et en couleur, comme beaucoup d’ailleurs. En 1964, leur diffusion ne pouvait encore atteindre que peu de monde.
Et j’ai probablement su confusément, à cette occasion, que c’est dans cet environnement sportif que je voulais m’épanouir.
J’ai encore en mémoire le saut de Beamon,
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le podium du 200m et Smith avec son poing contestataire,
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la victoire de Hines au 100m et son record du monde en 9s95 ;
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l’apparition de Bambuck comme seul et unique Français capable de relever le défi américain ; Dick Fosbury qui révolutionne le saut en hauteur ;
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Colette Besson et son inoubliable 400m…
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tant de souvenirs de cet été magique qui me rapprochait doucement mais sûrement de mon rêve d’enfant.
La question n’était plus de savoir quand je serai grand, je l’étais enfin, mais comment m’y prendre pour courir sur une piste. La marche m’apparaissait aussi haute que lointaine.
De la cinquième à la quatrième, le sport consistait exclusivement en exercices de gymnastique, parfois un peu de sport collectif. Rien d’extrêmement réjouissant.
La prof de gym faisait un cours commun, filles et garçons, fondé essentiellement sur l’activité physique. Elle n’était pas très motivante, sans enthousiasme ni désir de transmettre.
Sa fin de carrière semblait peser lourd dans sa tête comme dans ses jambes.
A l’extérieur du collège, je m’essayais au foot.
On ne peut pas être né à Marseille sans y jouer. C’était la grande période où l’OM et Saint-Étienne rivalisaient en Championnat. Skoblar, Magnusson, Jairzinho, Paolo César, Keita… on ne parlait que d’eux. Marseille, comme toujours, était en ébullition autour de l’OM. Chaque Marseillais rêvait d’un coup d’éclat en Championnat européen, qui ne venait jamais.
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Très souvent, j’allais assister aux matchs avec mon père, c’était comme une fête dominicale.
Je me souviens de ce huitième de finale à Marseille, en Coupe des clubs champions européens, contre l’Ajax d’Amsterdam en décembre 1971. Johan Cruiff étrilla de tout son talent la défense marseillaise.
Ici, c’était vécu comme un deuil national.
Je fis un tour du côté de l’AS Mazargues, club réputé qui préparait pas mal de futurs petits footballeurs à devenir grands.
Problème, j’étais timide et je n’osais pas me montrer aux entraînements. Forcément, l’entraîneur ne me convoquait pas pour les matchs du dimanche. La compétition était telle entre les enfants pour décrocher ce Graal du match que j’en étais totalement dépassé. Je perdais à la fois confiance et patience. Cette spirale infernale me fit abandonner avoir d’avoir vraiment commencé.
L’expérience, frustrante, ne me permit pourtant pas de comprendre que sans entraînement rien ne se passe, rien ne se fait.
A suivre...
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