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En septembre 1973, j’étais en première C. Le bac français se profilait à l’horizon.

Rapidement, je perdais pied à nouveau dans les matières scientifiques.

Je sais aujourd’hui que j’avais du mal à suivre car je lisais difficilement au tableau. Ma vue avait baissé et je ne m’en étais pas rendu compte. Je vivais douloureusement cette nouvelle dérive. C’était comme lorsqu’on rate un train de peu. On arrive sur le quai de la gare, il s’éloigne lentement mais inexorablement.

Mes parents payaient les services d’un étudiant en maths, mais rien n’y faisait, je reperdais confiance en moi.

Grace à ma culture musicale anglo-saxonne, j’excellais en langues et en français, là où finalement je pouvais m’exprimer.

 

Exprimer mon anglais qui s’améliorait chaque jour en écoutant la musique et en recherchant les paroles des chansons anglo-saxonnes. Exprimer aussi mon attirance pour l’italien comme une évidence et une seconde nature.

Je lisais déjà des romans en italien et bien entendu mon niveau surpassait celui des autres.

Aujourd’hui, je sais que j’ai des racines italiennes, que mes aïeux, avant le 20e siècle, venaient en partie d’Italie, probablement encore un coup d’épigénétique… Pour autant mes aïeux flamands n’ont pas eu de prise sur moi, je n’ai pas hérité de leur rigueur vertueuse et sombre, et c’est très bien comme ça…

Exprimer aussi mon goût pour la poésie lors des cours de français où je récitais Aragon, Éluard, Ferré ou Brel, ce qui faisait de moi un élève apprécié du professeur de français.

 

Mais cela n’a pas suffi, bien au contraire, à me sauver d’une réorientation en bac littéraire en fin d’année. Une orientation à peine moins infamante que la filière B.

En vérité, cela ne changeait pas réellement la donne. L’inscription en fac ne dépendait pas essentiellement de la voie de sortie au bac. Je savais désormais quel chemin je voulais emprunter plus tard.

J’avais passé mon permis et je roulais à moto. Mes parents, une nouvelle fois, avaient fait un effort financier, et dans l’esprit du temps, je roulais en Honda « 350 Four », petit bijou de technologie de l’époque.

A l’extérieur, le rock battait son plein, les copains étaient eux aussi des fanas. Il influait sur nos modes de vie et nos tenues vestimentaires.

Je participais à mes premières soirées lycéennes, nouveau changement dans l’estime de moi qui s’affirmait, même si, face à une fille je ressemblais plus à une guimauve qu’à… un pianiste.

Je me souviens d’avoir saoulé ma mère pour une chemise en jean cloutée, introuvable en magasin. Il fallait la confectionner, et ce fut fait, pour mon grand bonheur.

Je portais un jean bicolore, bleu dégradé du haut en bas. Je l’ai conservé comme une relique d’une valeur exceptionnelle, qui réjouirait probablement un collectionneur vintage.

J’avais aussi un jean fendu en bas des jambes, orné de boutons, comme un pantalon mexicain, digne des westerns de l’époque.

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