La rentrée de septembre 1971 marqua une nouvelle étape.
Le lycée, la seconde. Tout était pareil, et tout était différent.
Plus de surprises avec la structure scolaire, son rythme et ses matières. Un bon lycée de Marseille à l’époque, le lycée Honoré Daumier, appelé plus couramment le lycée sud.
Il avait la particularité d’avoir une piste de 200m environ, en asphalte et un gymnase imposant. Une entrée sur le parc Borély nous permettait d’aller courir dans cet immense domaine.
Le stade Jean Bouin, où se situait le SMUC, était à proximité.
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Les étoiles s’alignaient. Il fallait encore un peu de temps pour que l’effet de parallaxe se résorbe.
Ces moments où les choses s’organisent parfaitement, quand une coïncidence résonne en vous, ne sont pas de simples hasards.
Le philosophe Carl Jung a exploré comment nos émotions, notre intuition et même des forces inconscientes peuvent donner un sens à ces expériences uniques.
Pour lui, les synchronicités surviennent souvent lorsque nous traversons des périodes de transition. Des événements, aussi simples soient-ils, ont une manière de résonner profondément.
Toujours aussi timide, je continuais à passer à travers les entraînements du club comme un fantôme à travers les murs.
Mais un élément nouveau allait progressivement changer mon destin d’apprenti athlète.
Le professeur de gym de l’époque, Daniel, était un ancien sauteur à la perche. Il entraînait au SMUC.
Son axe de travail au lycée était plus ancré sur l’athlétisme que sur les sports collectifs. La course et les sauts faisaient partie intégrante de nos deux heures hebdomadaires.
Je m’appuyais davantage sur ces heures de sport pour progresser que sur la présence au stade Jean Bouin, d’autant plus, qu’à nouveau, je peinais scolairement avec le nouveau programme de maths modernes que je n’arrivais pas à assimiler.
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La frustration était grande car j’excellais en troisième. Mais en seconde scientifique, les difficultés en maths, cette incapacité à conceptualiser des théories de logique mathématique abstraite, m’avaient emporté rapidement dans un océan de désespoir, un bourbier scolaire inextricable. Les autres matières ne me permettaient pas de justifier ma place dans cette option, bien au contraire.
Ma relation affective étant toujours suspendue à la malédiction de ma mère, ma confiance en moi attaquée de toutes parts, je ne parvenais pas à vivre au grand jour ce qui représentait l’essentiel de mes parts sensibles, ni à progresser en sport, par manque d’accompagnement.
Daniel m’avait repéré, mais pendant tout l’hiver, n’avait pas pu me contraindre à sauter cette barrière psychologique.
Je me réfugiais souvent dans la musique. Ma discothèque s’étoffait doucement. Mes parents avaient acheté une télévision en couleur et une « chaîne stéréo ». On était encore loin de la Hifi, mais c’était pour moi un grand pas en avant. J’écoutais jusque-là mes disques sur un électrophone qui, mal isolé, me lançait parfois des décharges électriques.
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Quelques mois plus tard, j'assistais à mon premier concert. Il restera un des plus beaux moments de ma vie. Genesis passait à Marseille et j’assistais à leur spectacle le 3 janvier 1973.
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Peu de temps auparavant, j’avais acheté leurs trois derniers albums, « Nursery Cryme », « Foxtrot » et « Selling England by the pound ». Un moment magique que j’ai pu retrouver cinquante ans plus tard sur une vidéo de leur tournée anglaise enregistrée quelques semaines après le concert marseillais. Merci internet !
Musique quasi symphonique, complexe, jeu de scène théâtral. Un bonheur visuel et auditif comme nul autre pareil à l’époque. Genesis deviendra par la suite l’un des plus grands groupes de l’histoire du rock.
Ce concert fut un tournant pour mes goûts musicaux et mon mode de vie. Le rock faisait partie de moi. Pas le rock franchouillard et pathétique de Johnny, non, celui qui vous donne envie d’en jouer, de chanter, celui qui fait vibrer, qui donne la chair de poule et qui vous fait dire que dans leur domaine ces types sont des génies. Celui qui vous fait aussi progresser en anglais, tant la curiosité du sens des paroles était grande.
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